Coopération Nord/Sud: Les nouveaux Programmes Indicatifs Nationaux(PIN), une nouvelle conditionalité de l'aide aux pays pauvres.

Publié le par FRIADIASPO

Sonia-Anniversaire 014M.Diakite - 9/3/2001 - Il y a 10 ans, les dirigeants de la planète ont signés l'adoption des objectifs du millénaire pour le développement, tirés de la déclaration des Nations unis pour aboutir à un vaste effort de rouvrir le débat sur les stratégies de développement au-delà de la logique des politiques d'ajustement structurel(PAS) pour y inclure la dimension humaine.
Pour y arriver, ils ont pris des engagements afin d'atteindre ces objectifs d'ici 2015, mais cet engagement ne sera pas sans condition. La mise en place d'un nouveau dispositif ayant pour objectif d'aider les pays pauvres:
les nouveaux Programmes indicatifs nationaux(PIN) ont été élaboré dans le cadre des accords de Cotonou, tout comme la généralisation des documents stratégiques de réduction de la pauvreté(DSRP).

L'objectif 1 des OMD est la réduction de la pauvreté et de la faim dans le monde où l’extrême pauvreté est la réalité de 1 milliard d’être humains qui vivent avec moins de 1 dollars par jour, tandis que plus de 800 millions de personnes n'ont pas assez à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens d’énergie. Le glissement des politiques de développement vers  les politiques de lutte contre la pauvreté permet d'écarter toute question liée à la question de la REDISTRIBUTION.
Il est bon de noter ici que les pays en développement(PED) et les Pays moins avancés(PMA) ont fait un effort considérable pour ouvrir leur économie et s'adapter au norme de la mondialisation dans le cadre de leur processus d’adhésion à l'OMC.

Le problème est que ces pays ont été très peu récompenses de leurs efforts. L'explication de la Banque Mondiale portant sur leur manque d’intégration et de politique d'ouverture apparaît dès lors bien trop simpliste. Ils ont fais face à un processus de libéralisation asymétrique(non ouvertures des marchés agricoles au nord) et au problème d'une mauvaise intégration marquée par leur dépendance vis à vis des exportations de produits primaires(manque de diversité, faible valeur ajoutée, forte fluctuation des cours et évolution défavorable des termes de l’échange). Car il y a un discours fort soutenu par beaucoup de partenaire du nord et la banque mondiale en particulier: << la croissance est très bonne pour les pauvres>> un discours qui cache un autre, cette croissance dont il s'agit n'est possible que si les PED et PMA répondent aux exigences de l'accumulation sous sa forme globalisée: Primo, seuls les pays qui créeront un environnement favorable pour les multinationales, deuxio, seront capable de s'inscrire dans la nouvelle division du travail. Une hypothèse qui laisse dubitative les citoyen des Pays pauvres. La présence, malgré un environnement très hostile il ya quelques mois pour des multinationales comme Rio Tinto en Guinée-Conakry et AREVA au Niger, sont des explications plausibles de la négation même des indicateurs de développement élaboré par l'association internationale de développement(AID).

 

La stratégie de développement promue par l'UE que par les institutions de Bretton Woods se fonde sur une équation erronée et vicieuse: libéralisation+croissance= lutte contre la pauvreté ?
Tous sont unanimes que c'est lorsque les fruits de la croissance sont repartis équitablement et que celle-ci bénéficie aux pauvres alors on peut justifier une politique centrée sur la promotion de la croissance, et si c'est l'effet contraire alors il faudrait revoir cette stratégie en faisant de la croissance le maître mot au même titre que la création d'emplois, la distribution plus équitable des revenu et la satisfaction des besoins essentiels matériels et immatériels. Cela nous ramène à définir les nouveaux paradigmes de la coopération au développement.

LES RÔLES DES POPULATIONS ET ONG DANS LA STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT

Toujours d'actualité, le rapport Cardoso des Nations unis sur la société civile exprime la nouvelle vision du développement basé sur la participation des acteurs non étatiques et la promotion des partenariats public-privé. La concertation des populations au moment de l’élaboration des objectifs du projet améliore celui- ci qui s'en trouve enrichi tout en étant plus encrés dans les réalités de développement des populations.
De plus la redéfinition des rôles et des objectifs entre acteurs publics(nationaux et locaux) et acteurs privés(secteur privé ou société civile) ne doivent plus être horizontale , mais plutôt transversale, pour l'efficacité même du projet.
Ces nouveaux partenariats et cadre participatifs constituent dorénavant un outil très important pour la coopération au développement, car la réalisation des objectifs du millénaire nécessite impérativement une action concertée et plurielle.
<<(...)L'occasion de mobiliser des capacités nouvelles et des expériences diverses pour s'attaquer à certains des problemes les plus exigeants de l'époque>>*(1)

La nouvelle gouvernance mondiale doit donc se construire à partie de la participation et de la responsabilité à tous les niveaux.
ces nouveaux acteurs constituent des partenaires clés, car ils jouent un rôle fondamental dans des domaines essentiels pour les conditions de vie des populations comme dans le cas de l'eau, de l 'assainissement, ou encore des services de santé et l’éducation.


DIAKITE, Moriba
Bruxelles
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*(1)
commission Cardoso, 2004,p.8

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