Guinée:L'improbabilité de l'issue d'une conférence nationale

Publié le par FRIADIASPO

boubaL'opportunité d'une conférence nationale, s'avérant improbable, en Guinée, de par l'imbrication assez poussée, des événements aux prétentions, l'indissociabilité de la responsabilité de l'état de celle des hommes ayant commis des crimes  au non et au service de ce même état et le constat résultant de l'expérience que nous lègue l'euphorie et une appréhension généralisée à tous les états, en quête de stabilité, suscitées à l'avènement du processus de démocratisation du continent, sur la nécessité, de la tenue ou non, d'une conférence nationale, pour panser les plaies, redonner un nouveau souffle aux peuples, et amorcer une œuvre de réconciliation nationale, qu'ils supposaient comme le gage de tout renouveau et une condition de la pérennisation des acquis démocratiques,  je ne peux que saisir de nouveau la balle au rebond, pour mieux ressortir, l'impact vainement présupposé, de la réflexion sur la création d'une structure, ou tout au moins, d'une commission devant avoir la lourde charge, de tabler, sur le volet de la trilogie, crime-vérité-réconciliation nationale. Cette trilogie qui constituait, jadis, un volet de la plateforme des revendications sociales, politiques et économiques,  et l'une des raisons de la mobilisation de l'élite intellectuelle et politique, pour contrer et saper les bases structurelles et fonctionnelles de l' état, dont les méthodes avaient finies par l'ériger et le transformer, en une machine de terreur, à en croire, la succession des régimes politiques, obéissant à la règle primo déterminante, de la dictature de Sekou Touré, le régime d'exception, militaro-despotique, autoritariste , finalement semi démocratique, institué par Lansana Conté et le simulacre de régime mi exclusif, mi consensuel qui naquit sous la houlette du CNDD,  ne peut à mon sens, révéler l'acuité de la prise du taureau par la corne et plomber à jamais, le creux ouvert sous l'amalgame abusif de la raison d'état et la prestance dévolue au leadership moderne, lorsqu'il est sujet à transformer qualitativement et quantitativement les germes d'un renouveau sous toutes ses formes.

Ceci étant, bien qu'on imagine encore, le nouveau président de la Guinée, le Pr Alpha Condé, nostalgique du passé de l'opposition démocratique sur le continent, de la période pendant laquelle,  il esquissait  sa profession de foi, adhésive aux idées, alors, tenues pour préceptes et élargies à tous l'univers de l'opposition démocratique, et quoi que par d'ailleurs, il reste un ardent réceptacle de la fibre des états généraux, qui fit suite, à la révolution de 1789, qu'il s'emploiera a un moment donné, sans succès, à transposer aux états généraux de l'opposition Guinéenne,  la logique qui prédomine, pour relever l'état de sa torpeur, l'assoupissement, ne se veut, une œuvre dilatoire, une utopie passagère, encore moins, s'attarder à étaler un passé, dont certains des acteurs majeurs, sont en fouillis sous sol.

Privilégiant le rassemblement sous le sceau de l'acceptation des déconvenues du passé, des errements du pouvoir politique et de la désormais inscription et la subordination de ce même pouvoir politique, aux principes du suffrage universel, du droit, de l'équité et de la transparence, penser à organiser une conférence nationale, ferait figurer parmi les PPE, une donne non génératrice des réponses aux attentes et crée une fuite en avant, devant les véritables responsabilités qu'impliquent le rééquilibrage du pouvoir autour de l'axe des priorités. Quoi qu'il en soit, je crois, pour ma part, que le passé gît plus sous le poids de la mémoire, que sous celui de la justice des hommes.

PPE= Programme prioritaire d'exécution..

 

 

Bouba Bayo, Paris

pour FRIADIASPO

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