Guinée: "Pourquoi, réformer l'armée"?

Publié le par FRIADIASPO

bouba.jpgPourquoi, serions-nous, unanimement d'accord, de la mise à l'écart de la grande muette, de la sphère du dirigisme politique, à l'heure où elle y occupe une position dominante et fait battre toutes les cartes en sa faveur, hormis, sa capacité d'intimidation et de terreur que lui, confère si injustement, la détention des armes ? A cette question, j'ose opposer, la destructuration progressive de l'armée, son manque de professionnalisme et sa propension à monopoliser le pouvoir, au nom des vertus qui ne militent plus en faveur des idéaux en verve et partagés. A cela, force est de reconnaître que la grande muette, s'est réformée, sous le règne de Conté, sans jamais se professionnaliser, pour le simple fait que l'effectif, ne reflète en rien, la qualité, comme aimait souvent à le dire, Dadis lui même "L'armée Guinéenne, est une armée au sein de laquelle, il y'a des soldats qui ne connaissent même pas leur unité organique", entendait, il ne sait pas à quelle unité, il appartient, alors qu'il est censé le connaître, en sortant du centre de formation, par le biais de l'affectation. N'est-ce pas, une preuve accablante de l'inadéquation de la formation avec les objectifs structurels affichés, ou encore, un système d'incorporation qui n'était propre qu'à la Guinée, à savoir: incorporer par affinité, la création des milices, la transformation de l'armée en un dépotoir de tous les reclus de la société, l'impact négatif du pouvoir politique sur la vie des casernes, développant l'affairisme et le clientèlisme, j'en passe.. Par extension, sa configuration actuelle, jointe à la complexité de la situation politique Guinéenne, rendent sa position éxigue face à la teneur de la crise, car elle a du mal et aura toujours du mal, à adopter, une atitude responsable à l'égard des questions déterminant, l'avenir de la nation, puis qu'il y'a belle lurette, qu'on attire l'attention (Guinée quel devenir1), sur la necessité de la reconvertir en armée de métiers, sans que ses tenors, ne puissent imaginer ou évaluer ses agissements futurs. 

 

Sur le plan financier et budgétaire, elle a mis, rien qu'à elle seule, à sac, les finances publiques du pays, de 1984 à nos jours, tant son effectif s'accroît infiniment, en ne tenant compte ni des contraintes, ni les objectifs budgétaires. Son approvisionnement en denrées de premières necessitées est pratiquement subventionné à plus de 70 % par l'état, si je ne m'abuse, en période de paix. La grille salariale, elle, n'est en rien, en équivalence avec les autres catégories de la fonction publique. De surcroît, elle pille à chaque événement, spolie et bénéficie d'une impunité totale.

De ce fait, elle ne peut opérer des changements d'envergures et des réformes capitales, puis que sur le plan budgétaire, elle ne fait pas de choix judiicieux, au delà, de son hyperpuissance à déroger, aux principes classiques, d'une armée, serviteur de la république et garant de l'ordre constitutionnel. Cette armée, ne peut reprendre son envol, se réformer, se professionnaliser, qu'éloignée de la sphère du dirigisme politique, pour s'y être confrontée, sans succès, telle est la vérité qui choque, mais fait du bien.

 

 

Avant de continuer, ce petit périple, consistant à décrypter les aspects caractéristiques, de ce qu'il est désormais, convenu d'appeler la descente aux enfers, amorcée par la Guinée, je me permets de mettre en exergue, un fait, non des moindres, celui de l'impartialité de mes prises de position, en faisant remarquer, de surcroît, que mes piges, ne sont orientées contre personne, encore moins, un corps socio-professionnel, même si, elles s'illustrent inéluctablement, à scruter et dénicher, les causes explicatives de la situation Guinéenne.

 

Ceci étant et avant de poursuivre, ma série d'analyses, suite à la tentative d'assassinat de Moussa Dadis Camara, je tiens à m'étendre sur les tenants de la première solution, proposée, qui est axée sur la réforme de l'armée, puis qu'après, maints analyses, et après en avoir référé, au sens commun et la volonté générale, nourrie, par un désir inaltérable, de dôter la Guinée, d'institutions démocratqiues fiables, de structures économiques modernes et d'une armée qui répond aux éxigences du présent et aux impératifs du futur, il devient une logique indépassable, d'assoir les bases de cette armée, sur un style de fonctionnement, qui la rentabilise en période de paix et délimite ses domaines de compétence, ses prérogatives et son statut, conformement à l'harmonisation des politiques multisectorielles de l'état. 

 

Par ailleurs, l'armée Guinéenne; qui fut instrumentalisée dès l'accession à l'indépendance du pays, désintégrée, épurée, mis à l'écart pour éviter toute tentative d'immixion sur le champ politique, suite à des séries de coup d'état des années 1960 survenus sur le continent Africain, remplacée par une milice en Guinée, sous le règne du premier régime, conscient de son pouvoir de nuisance à l'égard des régimes civils; ne tardera pas en 1984, à s'emparer du pouvoir, dès la mort du président Sékou Touré, s'inscrivant du coup, dans la rupture, à l'égard du précédent régime. Ayant eu, la lourde et historique responsabilité de présider aux destinées de la Guinée, depuis lors, sans avoir jamais, à se remettre en cause, s'intérroger sur son avenir, étendre le champ des réformes sur elle-même et pârer à la résolution des difficultés qui entassent de nos jours, son honneur, sa crédibilité et son avenir, à en croire, aux événements ayant marqué sa gestion du pays. En devenant parti pris, dans la lutte pour le contrôle du pouvoir, elle fait étalage d'une complaisance ardue, laisse préfigurer des lendemains, flirtant avec la tragédie, alors qu'elle devait en être la garante.

 

De ce fait, pour la rendre apte à assumer ses responsabilités, la désintérésser du pouvoir et lui conférer, un véritable pouvoir d'action, en l'impliquant dans le processus de développement de la nation, il faut qu'elle soit soumise à une réforme en profondeur de ses structures, dans le seul et unique but de la rendre moderne et lui attribuer une existence conforme à ses prérogatives.
Pour ce faire, conscient des enjeux auxquels elle fait face, je propose:
Primo: Un échéancier pour le récrutement, de sorte à contenir le budget de fonctionnement qui lui est alloué, à l'occasion de chaque session budgétaire.
Secondo: La création d'une garde nationale civile, pouvant assurer la fonction de sapeurs pompiers, qui va récupérer en son sein, tous les éléments fictifs de l'effectif, c'est à dire, incorporés sans affectation à une unité, pour éviter la compression, tout comme les éléments inopérants tels que les mutilés de guerre, qui peuvent faire valoir leur expérience de vétérans. Les affecter au sein de la garde forestière, pour revaloriser ce corps et son effectif, pourrait être envisageable.
Tertio: Le génie route, le génie mécanique, le génie rural, s'il en existe, sont des supports, d'une participation accrue, à l'effort de développement national.
Quatro: Créer, une école de l'aviation civile et reconvertir, les pilotes dans la formation et l'encadrement de l'aviation civile.
Quinto:La marine nationale pourrait faire revivre, la marine marchande j'en passe...
Ce n'est que quelques pistes de reflexion, sjutes à amendement et discussion.

 

Par delà, ces aspects, les Guinéens doivent être conscients des tares, les imperfections et les incohérences de son armée, pour qu'elle la serve (la Guinée)mieux et en fonction de ses besoins. Les récents événements, survenus dans le pays, ne sont ils pas, en toute vérité, l'occasion de mieux évaluer, les différents corps qui se disputent l'autel du pouvoir, car, que l'on s'en aperçoive ou pas, l'armée a révélé ses limites, dans la gestion politique du pays et aggrave sérieusement les clivages, jusque là, rélevés au niveau du tolérable, du gérable, du compatible et du possible. Cette armée, qui a fini, par s'arracher de l'ornière et s'exprimer, comme une frange, non négligeable, de la populace, aurait eu droit de cité, quand il a fallu, mettre un terme, au régime dictatorial du premier président Guinéen. A présent, elle peine, à conforter sa position, en s'étant illustrée à bien des égards, pour le rayonnement d'une démocratie, qui fut quoi que factuelle, mais génératrice d'une volonté de vie commune partagée.

Entre les discours, disons, d'un président(Dadis)qui se croit roublard, en déliquescence et un régime, celui du CNDD, en perte de vitesse, se déploie, la manigance autour du pouvoir politique à Conakry. 

 

Après avoir proposé, quelques ébauches de solution relatives, à la réforme de l"'armée, pour mieux l'adapter aux exigences du moment, il serait certainement question pour les uns et les autres, de se demander sur les modalités de financement, c'est à dire le coût financier, de la réforme, en sachant qu'elle se veut, ambitieuse, de par son ampleur, sa vigueur et sa détermination, de conférer, à l'armée, une assise institutionnelle, professionnelle et pourquoi pas lucrative?
A cette question, la réponse demeure, dans l'initiative de la réforme, sa conception et son élaboration, qui font office, d'une réflexion à tout point de vue, en plus du fait que faire, une proposition adéquate à cet effet et au moment où, les mesures d'austérité budgétaires se multiplient, la conjocture économique s'amplifie et les concours financiers des bailleurs de fonds, ciblent non plus, les domaines et les secteurs, privilégiés par les pays, assujétis aux programmes de réduction de la pauvreté, lesquels, dans leur soucis, de stabilisation, des institutions démocratqiues, naissantes par le biais de l'équilibrage des forces gravitant autour du pouvoir, focalisent leur attention, sur un remodèlage des finances publiques, incluant des dépenses "dites" de souvéraineté, relève d'une aptitude réelle, à faire face, au problème, en gardant, pour soi, le secret absolu, sur le volet financier de la réforme.
Ainsi, pour que la disparition totale de l'armée, de la sphère du dirigisme politique, soit possible, non pas, pour la dissoudre, il faut un certain nombre de concessions, qui peuvent être définies, selon le nouveau, statut, auquel, appartiendra désormais, l'armée, de sorte à lui attribuer son rôle et ses prérogatives, dans un ensemble, formé, par les institutions, caractéristiques, d'une nation démocratqiue, en plein essor.

 

De là, à l'imaginer, forte de la noblesse des valeurs qui la fondent et qui l'ont permis, de se placer, au coeur, de la problèmatique politique actuelle, me paraît d'une constance infinie. Par ailleurs, ces concessions qui ne peuvent être définies, que par la volonté et le concours de l'armée, ne pourraient s'obtenir qu'à travers, un fonctionnement harmonieux, des institutions républicaines. Ce qui sous entend, une adhésion effective de toute la classe politique, au processus, visant à désamorcer, la crise, autour du leadership politique, car à ne pas, s'en douter, un instant, seul, un leadership à la hauteur des enjeux et des déterminations du moment, peut sauver le pays, dans tous ses éclats conflictuels rébiffés, c'est à dire, entrainer le pays vers la réalisation de ses objectifs relatifs, à la croissance économique, au bien être et à la prospérité, favoriser l'émergence d'une plâteforme de gestion des crises politiques internes, ainsi que les mécanismes de régulation des institutions démocratiques, censés se muer à travers le temps et l'espace. Au delà, de ces paramâtres, le leadership recherché, rompt avec le nationnalisme intransigeant, couplé à l'autoritarisme, l'aristocratie ou encore le totalitarisme, quand il préconise et prône, la renaissance politique qui se traduit par une gestion cohérente et efficiente, d'un état et ses ressources, la conception, l'élaboration et l'adéquation des projets de société, avec les actions, entreprises sur le terrain. 

 

Pour cela, la maturité ne sera plus dans le nantissement, au niveau des acquis de tous genres, même si elle s'évertue à en appeler, certaines de ses vertus, encore moins, dans la propension à s'emparer du destin collectif, mais tout au plus, dans la force du caractère, pouvant créer, une synergie, un engouement général et une dynamique entre les forces du progrès. Cette tache bien ardue, donne un avant goût de ce que va être, désormais, le postulat du pouvoir politique     en Guinée, tout comme, les critères, pouvant permettre de désigner ou élire, en fonction, des cas de figure, les plus aptes à l'assumer.

 Bien que, conflictuel et en même de favoriser, l'impulsion sociale, le pouvoir politique, son exercice ou sa détention, échappe de nos jours, aux données, qui en fondaient autrefois, au regard d'un niveau d'imbrication suffisamment élevé des facteurs endogènes et exogènes, qui la font dériver de son cadre habituel.
Une synthèse de Bouba Bayo.
pour FRIADIASPO

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