Guinée, Réussir loin du mirage occidental.

Publié le par FRIADIASPO

(Reactulisé) Par M. Diakité | Des feux épars dans la capitale. Lorsqu'on survole de nuit Conakry, on aperçoit à des kilomètres à la ronde les lumières, une multitude de points incandescents : la lumière de foyers isolés comme le montre le reportage« Con’a cris, la révolution » sur une chaine occidentale, à travers les images un pays exsangue par des années de crise et de pauvreté, une jeunesse avide de changement.

Dans l’avion qui transporte l’équipe de reportage de la télévision publique française, on distingue nettement  à travers les fenetres, toute l’immensité du travail à accomplir dans cette bourgade où vivent des millions d’âmes.

Autant de flammes éparpillées à perte de vue qui grignotent l'obscurité. Le développement de ce pays – l'un des plus pauvres du monde selon l’indice du développement humain (IDH) – est à l'image de ces feux.

Il est facile de s'effrayer face à la profondeur des ténèbres africaines, quand on est du côté de la belle vitrée. Mais on peut aussi apprécier le nombre de lueurs d’espoirs sur le visage de la jeunesse guinéenne, dont la moyenne d’âge varie entre 25 à 30 ans, une jeunesse mure, une vision positive de l’avenir. Elle est  le progrès d'un pays en mouvement, des balises qui guident jusqu'à l'aube.

Dans la lutte contre la pauvreté, les réussites à venir sont nombreuses et prometteuses. La guinée reste, il est vrai, un pays pauvre, enclavée, avec beaucoup de ressources naturelles. Même si les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) de l'ONU sont loin d'y être atteints au vu des différents rapports alarmants des institutions financières internationales, les même qui se bousculent à sa porte de nos jours, sont ceux qui la plonge dans les profondeurs des statistiques.

Depuis le début de l’année, on assiste à un incessant ballet d’investisseurs, ils sont Européens, Arabes, Chinois, Brésiliens, à survoler Conakry, ses ténèbres et son insécurité pour investir des millions de dollars. Qui a dit que les pays n’ont pas d’amis, mais des intérêts (sic) ?

Pour une fois, il est plausible de voir in situ que dans ce pays, un parfum de renouveau souffle, de confiance en l’avenir, et d’espoir, même si l’attente est grande.

Malgré les difficultés économiques, la jeunesse s’emploie avec beaucoup d’abnégation, comme pour dire que la pauvreté à laquelle elle est confrontée n’est pas une fatalité. Même si l’occident reste pour sa diaspora le refuge pour se soustraire de certaines contraintes. Sa jeunesse, resté au pays, refuse de cautionner que seule la voix de l’immigration est la solution idoine à ses problèmes.

Ainsi, ils sont des milliers de jeunes qui  bravent le quotidien à pousser de l’avant la locomotive guinéenne. Ils ont bac +3+4+5, produits des universités guinéennes et étrangères, la plupart issus des milieux modestes, representent la  « nouvelle classe moyenne », ils ont réussi à se démarquer de cette envie de « l’eldorado occidental ».

Et, peut-être plus que les progrès mesurables à l'aune d'indices macroéconomiques qui handicapent la guinée, le changement des mentalités de ces jeunes  est le plus important. "Nous avons la malchance, ou peut-être la chance, d'être trop resté pour rêver d'Europe." Souvent, dans la bouche des jeunes guinéens, revient l'idée de réussir sur place.

Fières de leur pays, ces forces vives ne cèdent pas à la tentation. Trop de jeunes, partis chercher fortune et l’instruction dans les pays riches reviennent avec beaucoup d’initiatives.

La société et les politiques  ont fait sienne l'idée d'un développement non pas tombé du ciel mais qui repose sur la création de bases pérennes : un socle ancré par la bonne gouvernance, la gestion responsable des finances publiques et la décentralisation des décisions. L’élaboration et l’exécution  du document de stratégie de réduction de la pauvreté 2011-2012, pour renforcer le cadre de vie de la population à tous les échelons affichent la volonté de cette population de se relever ; une idée chère à l'ntellectuel panafricaniste, Joseph Ki-Zérbo, partisan du développement endogène, cultivait le refus de la fatalité. "Il n'y a pas de développement clés en main mais clés en tête", aimait-il à répéter.

Un leitmotiv qui a germé dans les esprits des jeunes guinéens et que l'aide internationale doit interpréter comme le signe d'une Afrique devenant responsable. Le signe aussi qu'il est grand temps  de changer le regard sur un pays qui, malgré les indicateurs socioéconomiques déficitaires, se tient debout.

 

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Alhassane 04/05/2011 19:49



Tres bien Mory tes ecrits me reconfortent , nous avions besoin de temps a autres des idees de  ce genre pour faire comprendre a nos freres de l'autre coté de la mediterranee qu'ils ya encore
des besoins dans le pays en ce qui concerne les HR , car nous qui avions choisi de rester et qui nous mettons au services du developpement de jours en jours devenons moindre pour motif
d'expatriation apres avoir acquis diverses experiences dans multiples domaines.C'est pourquoi il est necssaire voir indispensbe de penser a un retour au pays afin de conjuguer les efforts
entre jeune  afin d'amorcer un developpement serieux et veritbale



Modio 23/02/2011 11:57



En lisant à travers les lignes, il n'est nullement question de l'exil ici , et meme s'il est evoqué, c'est dans un cadre participatif aux efforts de ce developpement endogène que la diaspora
apporte à la guinée.



Bouba 22/02/2011 19:51



 Je pense pour ma part, que raisonner en ces termes, pour justifier, le pourquoi et le comment de l'exil ou non, n'est nullement pas la meilleure manière, d'approcher avec cohérence le
problème suscité, encore moins persuader, aussi délibérément, qu'un changement de regard sur le pays, serait un panel de résolution pérenne des difficultés qui se dressent du jour au jour, sur le
chemin du devenir collectif. Par ailleurs, je te demanderai, Mory, de ne pas assimiler l'avènement du changement en Guinée, comme une alternative indépassable et exempte de toutes critiques. En
définitive, ces lignes ne sont pas une attaque ciblée, contre ton article, mais il prouve à mon sens, que nos combats ne s'inscrivent pas dans la même logique et que nous demeurons tous, de près
ou de loin, sous l'influence de nos idéaux.