L'afrique vit dans la pauvreté sous la menace de la famine et de la maladie(suite)

Publié le par FRIADIASPO

sabine BahPar Sabine BAH(Paris) De longue date, certaines régions d'Afrique ont connu des famines et disettes liées à des phénomènes climatiques ou à d'autres calamités comme des invasions de criquets, ce qu'a bien montré Monique Chastanet, en 1982, pour des villages soninké de l'ouest africain. Pendant la période coloniale, la haute volta (actuel burkina faso) a connu une forte sécheresse en 1913 suivie d'une famine l'année suivante, situation qui s'est répété en 1931. Le Niger, pour sa part, a été frappé par une famine sévère et prolongée en 1941 1943. D'autres cas pourraient être cités. Depuis les indépendances, les difficultés alimentaires augmentent car à la précarité provenant des conditions naturelles s'ajoutent l'usure des sols inhérente à la pression démographique, la désertification liée à une utilisation accrue des forêts, sans négliger les déprédations dues aux guerres. De graves crises ont ainsi marqué les pays du Sahel, touché par la sécheresse entre 1969 et 1974, de même que l'Ethiopie à plusieurs reprises (1973 1974, 1984, 1997, 2000), le Soudan en 1994, la Somalie (1992, 1999), le Niger (novembre 2005), etc.

La famine est volontiers utilisée pour sensibiliser l'opinion dans les pays du Nord avec des slogans comme «du riz pour la Somalie» en 1999. Elle est censée attirer l'attention à l'instar de cette conférence débat organisée au CNAM (conservatoire national des arts et métiers), le 27 avril 2003, par les «dimanches de la vie » , sous le titre : «une famine s'annonce en Afrique, quelles réactions ? Quelles possibilités d'intervention ?» Cet énoncé alarmiste et réducteur «une famine» est significatif de la manière dont s'entretiennent les confusions entre sous-alimentation, malnutrition, famine et disette. Alors que ces dernières procèdent de situations conjoncturelles qui demandent des mesures d'urgence. Ce sera le cas dans vingt trois pays africains en décembre 2004. Les autres proviennent de causes structurelles, qui requièrent la mise en oeuvre de réformes approfondies dans les pays concernés, et une révision des objectifs de l'aide internationale au développement. En fait, la séance animée par bernard kouchner, à laquelle participaient des spécialistes reconnus, montrait que la situation alimentaire et sanitaire était préoccupante pour le présent et l'avenir, mais que, selon le géographe yves lacoste, il fallait «nuancer le catastrophisme pour l'Afrique » l'amalgame n'aboutissait il pas à la désinformation?

Certains pays, en effet, parviennent à une autosuffisance alimentaire : par exemple, en Ethiopie, les cultures se sont étendues grâce à la régénération des terres. En Tanzanie et au Kenya, où de bonnes révoltes ont eu lieu dans les premières années de notre siècle, les autorités avaient proposé à la Zambie. Qui refusait les aides en produit OGM - de lui envoyer du maïs blanc naturel, en 2002. Depuis, cette dernière a eu des excédents céréaliers, qu'elle a exportés vers plusieurs régions d'Afrique australe. D'autres états, en revanche, pour parvenir à cette autosuffisance, se sont prononcés en faveur de l'introduction des OGM dans leur agriculture, comme le Burkina Faso , le Ghana, le Mali et le Niger, lors d'une conférence réunie à Ouagadougou en juin 2004, à l'initiative des gouvernements burkinabe et americain. Pour leur part, les organisations de la société civile n'ont pas cessé de prôner la prudence, renouvelant leur prise de position lors d'un séminaire qui réunissait les délégués de dix neuf pays africains et de quatre non africains (canada, espagne, pays bas, royaume uni), qui s'acheva par la déclaration de Nairobi de septembre 2005 : (nous) «rejetons toutes tentatives de déversement des OGM sur l'Afrique sous forme d'aide alimentaire, de programmes de recherche et d'implantations commerciales.
Nous croyons qu'une distribution équitable et juste des vivres produits localement constitue la réponse à beaucoup de nos problèmes de faim» ils demandaient donc aux gouvernements de développer un système législatif à tolérance zéro pour les OGM.

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