Présidentielle/Investiture : En guinée, la maturité politique.

Publié le par FRIADIASPO

ac21 décembre 2011, il était 12 heure locale sur l’esplanade du Palais du Peuple, une foule immense, dense, et compacte, venue acclamer un homme tout à fait ordinaire, qui a  réussi à prendre sa revanche sur la vie en réalisant son rêve de toujours, devenir Président de la République de guinée : Alpha Condé. 

Il vient d’inscrire son patronyme dans le registre des chefs d'états de son pays, la Guinée, « le pays des peuples émancipés »

A voir cette foule, sous les airs endiablés des instruments de musique et assourdissants des  sirènes de voitures, on se demande qu´est ce qu´ils fêtent? La victoire de la démocratie qui chaque jour, depuis le 7 décembre prend de l'ampleur dans ce « grand » pays de l’Afrique de l’ouest.

 

« (…) une élection  est une fête de la démocratie », disait Montesquieu.

En guinée elle a pris son vol, car elle était suspendue dans les méandres de son histoire, de mémoires de guinéens, Conakry n'a jamais enregistré autant de personnalités et de présidents à la fois, tous les chemins qui menaient à celui-ci étaient brouillés.

Dorénavant le reste du monde salut le sursaut guinéen face à l´élan de menace que représentait un nième échec de la démocratie dans ce pays.

 

Jamais une élection présidentielle n´a suscité autant de passion dans les deux camps de l´entre deux tours. Tout au long de cette présidentielle la tendance a été respectée, le duel Condé-Diallo a tenu toutes ses promesses, mais au delà de l´enjeu suscité par ce duel, c'est la « Démocratie » qui a triomphé.

 

Durant les prochaines années la guinée va devoir côtoyer un président qui a déjà des liens étroits avec plusieurs chefs d'états africains, de bons augures. Il suffit de voir le nombre des personnalités et diplomates qui ont convergés depuis plus de trois jours vers la capitale guinéenne :

De la délégation Sud africaine, forte de 60 personnes à la représentante spéciale du secrétaire des Nations  Ban Ki Moon, en passant par les hautes personnalités européennes et Américaines, tout présage de l'intérêt grandissant que la communauté internationale accorde désormais à ce pays. Celui qui était il ya peu sous le bruit des bottes et treillis, a déroulé ce mardi le tapis rouge pour ses hôtes, dans un incessant ballet diplomatique à couper le souffle.

 

Un sentiment de fierté et de communion qui a réuni presque tous les guinéens derrière l’investiture du  nouveau président élu de Guinée, Alpha Condé.

 Le tout nouvel homme fort de la guinée, après son serment à remercier tous ses invités, avant de donner rendez à l'histoire. Avec le bilan catastrophique  des gouvernements précédents qu’il hérite, tout porte à croire que Condé ne changera pas quelque chose à sa vision politique avant de redresser la situation.

Lors de cette cérémonie, il a marqué de son empreinte cet instant solennel pour lui et pour la guinée. Réputé pour son charisme, sa personnalité, on n'espère que son élection  ne sera pas est un bémol pour la démocratie et un handicap pour la diplomatie guinéenne.

Cette même diplomatie qui a perdue de son influence, vient de s'offrir une large audience aux yeux des bailleurs et partenaires au développement, car vu de l´extérieur la Guinée ne faisait plus rêver.

Officiellement elle vient de s'inscrire au registre des nations fréquentables avec un leadeur qui force l'admiration.

 

Dans son discours, le président sortant, le général de brigade Sekouba Konaté, crédité d’une bonne reconnaissance de la part de ses pairs, encore une fois a demandé pardon au nom de tous ses prédécesseurs, pour amorcer la marche de la réconciliation. Car la guinée doit se pardonner à elle même, et les guinéens entre eux.

 

Avant même que les rideaux ne tombent sur ce qui restera comme l’un des moments forts dans l’histoire de cette nation, dans un lieu symbolique, « c’est que rien ne sera plus comme avant ».

 

Modio, Bruxelles

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