Sommet G8 : Le grand bal des menteurs à Deauville.

Publié le par FRIADIASPO

g8Dans quelques jours, quelques part en France, précisément dans la région du Calvados, à Deauville, exactement le 26 et 27 mai, se tiendra le sommet des sept(7) pays les plus puissants du monde + la Russie, qu’on a appelé communément le sommet du G8. Regroupant la majeure partie de l’économie mondiale, ces pays vont encore se jouer du reste du monde, avec un dédain compassionnel, comme pour jouer au gendarme du monde financier.Ce sommet comme les précédents, accouchera d’une souris.

 

Ce ne sont pas les crises financières à répétition, qui devraient déboucher sur une nouvelle architecture financière internationale. En réalité depuis celle de 2009, le cadre macroéconomique de l’ajustement structurel n’a pas changé, au contraire.

 

D’après une étude du groupe d’évaluation de la Banque Mondiale, ce rapport stipule que les deux tiers des programmes de libéralisation commerciale pilotés par celle-ci entre 1987 et 2004 ont abouti à un échec.

L’initiative PPTE entre 1996 et 1999, ainsi que le service de la dette des pays bénéficiaires continue d’augmenter.

 

Ces mesures catastrophiques ont contraint le G8 d’annoncer en juin 2005 une nouvelles initiative d’allègement de la dette multilatérale d’une vingtaine de pays, présentée comme “historique”, mais pourtant insuffisante au regard des OMD fixés par les Nations Unis.

 

Ce énième sommet du G8, n’est que “conditionnel” et sera tout sauf “incitatif”, qui garantit les marges de manœuvres nécessaire à la mise en œuvre d’une bonne stratégie dans les pays pauvres.

Inviter des pays comme la Côte-D’ivoire, la Guinée, le Niger, ainsi que le Nepad, n’est qu’une manière de les maintenir sous leur coupole. Mais aussi une sorte de gage pour ces démocraties africaines de se prévaloir d’un Hora auprès de leurs opinions nationales.

 

Ce qu’on ne nous dit pas, les pays du G8 jouent un double rôle, après avoir défini une stratégie d’allègement de la dette des pays pauvres en 2005. la même année, ils ont essayé par les biais des Institutions Financières Internationales(IFI) d’en imposer, dans un contexte d’autorité, ce qu’ils appelle triptyque « Appropriation-Alignement-Harmonisation » , adopté en mars 2005 par la communauté des bailleurs de fond , conduite par la Banque Mondiale et par le comité d’aide au developpement (CAD) de l’OCDE.

 

Censé pouvoir restaurer la souveraineté des gouvernements et leur pouvoir de définitions des stratégies de developpement et des politiques publiques adaptées à leurs réalités économiques, ce triptyque assure au contraire que les politiques libérales promues par les IFI vont pouvoir s’imposer à tous les donateurs et gouvernements.

 

De fait, l’appropriation se renverse puisque c’est aux gouvernements de s’approprier les politiques prescrites et non aux donateurs de s’approprier de nouvelles approches macroéconomiques des gouvernements! Conséquences: Ce processus éloigne encore les gouvernements de leurs citoyens puisque, même si le régime politique se veut démocratique et si les autorités politiques ont été portées au pouvoir par le suffrage universel, les gouvernements doivent négocier avec les IFI et leur rendre compte avant de s’adresser à leur peuple.

 

Dans un tel contexte, la démocratie ne peut être que formelle et l’empowerment des organisations sociales devient nécessaire à un processus de démocratisation.

 

Donc il serait irresponsable de s’épuiser au niveau local lorsque les maux trouvent une bonne partie de leurs origines au niveau mondial dans la définition des règles des jeux internationaux, comme l’hypothétique G8, qui organise les équilibres diplomatiques et les activités économiques. C’est l’évidence pour les ONG de prêter une attention de plus en plus grande aux négociations où se définissent ces règles du jeu.

 

Modio, Bruxelles

Publié dans Politiques & Sociétes

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