Cote-D´ivoire: Gbagho, pourquoi jai nommé Soro

Publié le par FRIADIASPO

 

Il en avait vraiment marre. Le chef de l’Etat est apparu très remonté, le vendredi 27 avril 2007, à l’hôtel Ivoire, au cours d’une cérémonie dite d’hommage à un grand résistant de la République, Laurent Dona-Fologo. Le numéro 1 ivoirien en voulait à ceux de ses partisans, patriotes, qui ne comprennent pas que Gbagbo ait pu nommer un ancien chef rebelle au poste de Premier ministre. “ J’aimerais faire une remarque. Il y en a qui disent : Gbagbo a choisi Soro, cela voudrait dire que pour devenir Premier ministre, on peut prendre les armes ” a dit, d’entrée le chef de l’Etat. Il a indiqué que son choix s’était porté non pas sur le rebelle qui a pris les armes mais sur celui qui, de par sa position, pouvait ramener la paix. “ J’ai choisi le seul qui pouvait ramener la paix ”, a argué Laurent Gbagbo. “ Il est le seul qui a eu le courage de revendiquer la guerre ” a-t-il ajouté, précisant que les autres acteurs étaient connus “ mais comme ils n’ont pas eu le courage de revendiquer la guerre, nous avons choisi (Soro) ”. Le président Gbagbo, qui intervenait dans une salle archi-comble (palais des congrès), a affirmé que l’essentiel, aujourd’hui, était d’arriver à la paix. “ Je donne le poste de Premier ministre à celui qui peut ramener la paix ” s’est-il expliqué. Il a soutenu que devant la persistance de la crise, il était de son ressort de trouver les voies d’une sortie de crise, d’où ses cinq (5) propositions. “ Il fallait que je réfléchisse pour voir qui allait nous ramener la paix. Et quand j’ai dit aux gens qu’ils avaient tort de ne pas m’écouter et qu’ils m’ont fait une petite ouverture dont j’ai profité, j’ai choisi le seul qui pouvait porter la responsabilité de la paix ” s’est étendu Gbagbo. Il a dit que les portefeuilles ministériels ne devraient pas être vus comme des “ trophées ou des cadeaux ” qu’on fait aux gens. “ Le président de la République a comme instrument de travail, le gouvernement. Quand il nomme le Premier ministre, il donne une indication pour le travail ” a relevé Laurent Gbagbo. Il a signifié à son auditoire que s’il avait nommé, en 2000, Affi N’guessan, ce n’était rien d’autre que pour atteindre des objectifs de développement. De même, il a choisi, aujourd’hui, Guillaume Soro pour atteindre des objectifs de paix. Gbagbo a découragé les patriotes qui ont vu en la nomination de Soro une frustration leur demandant de ne pas emprunter la voie des armes. “ S’ils sont vraiment des patriotes, ils n’ont pas à raisonner comme ils le font ” a induit le chef de l’Etat. Il s’est réjoui que la nomination de Guillaume Soro débouche sur des avancées importantes. “ Les résultats sont là, a-t-il lancé. Aujourd’hui, vous pouvez partir à Korhogo, à Ferkéssedougou, à Man, Danané... ”. Laurent Gbagbo a assuré qu’il poursuivrait dans ses concessions tant que la paix lui en imposera. “ Des concessions de ce genre seront faites ” a-t-il prévenu, faisant allusion à la primature de Soro. “ Ils sont déraisonnables ”

Le Chef de l’Etat a partagé, vendredi, sa vision d’une “ Côte d’Ivoire libre et de libertés ”. “ Libertés et libre, les deux expressions ne sont pas synonymes ” a fait valoir Gbagbo prétextant qu’une Côte d’Ivoire libre est celle qui n’est pas sous influence, qui décide de son destin et une Côte d’Ivoire des libertés, celle dont les citoyens jouissent de leurs droits. Parlant de droits de citoyens, l’ancien opposant à Houphouët, a admis le droit des personnes de revendiquer. Seulement, il a vertement critiqué les enseignants dont certains, dans leurs mouvements de grève, font des revendications qui défieraient le bon sens. “ Je vois des grévistes partout. Ils sont déraisonnables. Il y en a à qui j’ai dit : je ne discuterai plus avec vous. Faites ce que vous voulez. Mais moi, quand le moment sera venu et lorsque j’aurai décidé, je ferai ce que je veux. Je n’empêche pas les gens de revendiquer mais quand un syndicaliste vient me demander de multiplier son salaire par dix (10), je trouve cela déraisonnable parce qu’on ne peut pas penser à soi sans penser à la patrie ” a évoqué le Président Gbagbo. Il s’en est pris aux enseignants qui comparent leurs salaires à ceux de leurs collègues ressortissants de pays étrangers : “ il y en a qui disent dans tel pays, les gens sont mieux payés. Je leur dis que dans ce pays-là, eux, n’ont pas ça. La comparaison salariale qu’on doit faire, c’est de se demander si notre pays avec ses ressources peut supporter les dépenses qu’on veut lui faire porter ”. Le numéro 1 ivoirien a indiqué qu’il “ laissait faire ” les enseignants mais se réservait le droit de défendre la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo a rendu hommage au président du CES que le groupe “ Femmes de Côte d’Ivoire ” avait choisi de consacrer “ grand résistant ”. Il a salué le “ fils digne, l’enfant du pays ” et a dit sa gratitude aux dames d’avoir voulu porter Fologo au pinacle. “ J’ai vu son combat pour récupérer le PDCI en 1999. Les textes de ce parti l’autorisaient à venir aux affaires. Quand il s’est battu pour récupérer le parti, j’ai dit aux gens du FPI : ça, c’est un garçon, on va le récupérer ” a expliqué Gbagbo. Il a apprécié le fait que Laurent Dona Fologo, nonobstant son appartenance au PDCI, arrivait à faire prévaloir l’intérêt national. “ Il y a des causes qui vont au delà des clivages ” a soutenu le Président Gbagbo. Hier à l’hôtel Ivoire, il a rendu hommage à l’ancien ministre Ahoua N’Guetta et à Yanon Yapo, président du Conseil constitutionnel. Ils étaient venus assister à l’hommage à Fologo et Laurent Gbagbo leur a fait un clin d’œil.

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Publié dans Interview

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