Guinée:Fria D’abord.
Il n’y a pas si longtemps, la poussière et les nids de poule étaient devenus une réalité presque normale dans la ville qui abrite la première usine d’alumine en terre africaine!
Nous ruminions patiemment notre colère et notre frustration pendant que nos ``dirigeants`` locaux, qui n’en demandaient pas mieux, passaient leur temps à épiloguer sur le sexe des anges. C’est donc avec joie et fierté que nous avons vu arriver les premiers engins destinés au revêtement des artères principales de la voirie urbaine de la ville.
Cependant, malgré l’évolution favorable de la situation, nous ne pouvons nous empêcher de soulever un certain nombre de questions qui, il me semble, méritent la plus grande attention. Il s’agit notamment de l’étendue du réseau en reconstruction ainsi que de la qualité des routes qui en résulteront.
S’il est normal de se réjouir de l’avancée des travaux, nous ne devons tout de même pas oublier que c’est suite à un soulèvement populaire—qui s’est soldé par un mort et des blessés graves—et non par amour ou par respect pour la ville que nos ``dirigeants``, qui ont pourtant pour vocation première son développement, ont finalement décidé d’agir. Face à la détermination de nos frères et sœurs restés au pays, ils n’avaient d’autre choix que de reculer. Du moins pour l’instant.
C’est justement ce nouvel élan populaire qu’il faut désormais saisir et entretenir pour exiger d’avantage de routes de qualité, de l’eau et de l’électricité pour tous, une ville plus propre, une meilleure formation avec un support internet de qualité, un espace culturel permettant l’émergence d’une jeunesse saine et dynamique, bref des infrastructures et des services publics dignes d’une ville minière. Ne nous y trompons pas, ce sont des gens qu’il faut avoir à l’œil. Eux qui sont normalement chargés de veiller au développement de la ville, mais qui l’ont plutôt mise à genoux avant de nous faire tirer dessus. Ils n’éprouveront donc aucune honte à nous livrer un produit de mauvaise qualité. D’ailleurs n’est-ce pas cela la nourriture de la gouvernance guinéenne.
Pour revenir sur le cas précis des travaux en cours, il nous sera certainement rétorqué que la ville est devenue très vaste, que l’usine ne fait plus rentrer suffisamment d’argent à cause de la désuétude des installations, que Mamadou est plus petit que Binet, .. et que sais-je encore. Tout ca pour conclure qu’il serait difficile voire impossible de bitumer toutes les routes de Fria.
Eh bien nous leur rappellerons tout simplement que le problème de la Guinée n’a jamais été économique, mais qu’il est plutôt politique. Certes nous sommes pauvres, très pauvres, mais cette réalité est le résultat d’un demi-siècle de gestion désastreuse. Les potentialités de notre pays sont telles qu’il suffirait d’un minimum d’organisation pour résoudre, en un temps record, tous nos problèmes essentiels. Mais au lieu de cela, notre cher pays caracole à la tête des pays les plus corrompus du continent. Il est inacceptable que la ville la plus stratégique du pays soit dans un état aussi pitoyable.
Nos dirigeants locaux en particulier doivent apprendre à respecter les populations. A défaut il faut les y contraindre. Ce sera l’objet de ma prochaine intervention.
Sadigou Barry,
Québec, Canada
Universté Laval pour Friadiaspo
Nous ruminions patiemment notre colère et notre frustration pendant que nos ``dirigeants`` locaux, qui n’en demandaient pas mieux, passaient leur temps à épiloguer sur le sexe des anges. C’est donc avec joie et fierté que nous avons vu arriver les premiers engins destinés au revêtement des artères principales de la voirie urbaine de la ville.
Cependant, malgré l’évolution favorable de la situation, nous ne pouvons nous empêcher de soulever un certain nombre de questions qui, il me semble, méritent la plus grande attention. Il s’agit notamment de l’étendue du réseau en reconstruction ainsi que de la qualité des routes qui en résulteront.
S’il est normal de se réjouir de l’avancée des travaux, nous ne devons tout de même pas oublier que c’est suite à un soulèvement populaire—qui s’est soldé par un mort et des blessés graves—et non par amour ou par respect pour la ville que nos ``dirigeants``, qui ont pourtant pour vocation première son développement, ont finalement décidé d’agir. Face à la détermination de nos frères et sœurs restés au pays, ils n’avaient d’autre choix que de reculer. Du moins pour l’instant.
C’est justement ce nouvel élan populaire qu’il faut désormais saisir et entretenir pour exiger d’avantage de routes de qualité, de l’eau et de l’électricité pour tous, une ville plus propre, une meilleure formation avec un support internet de qualité, un espace culturel permettant l’émergence d’une jeunesse saine et dynamique, bref des infrastructures et des services publics dignes d’une ville minière. Ne nous y trompons pas, ce sont des gens qu’il faut avoir à l’œil. Eux qui sont normalement chargés de veiller au développement de la ville, mais qui l’ont plutôt mise à genoux avant de nous faire tirer dessus. Ils n’éprouveront donc aucune honte à nous livrer un produit de mauvaise qualité. D’ailleurs n’est-ce pas cela la nourriture de la gouvernance guinéenne.
Pour revenir sur le cas précis des travaux en cours, il nous sera certainement rétorqué que la ville est devenue très vaste, que l’usine ne fait plus rentrer suffisamment d’argent à cause de la désuétude des installations, que Mamadou est plus petit que Binet, .. et que sais-je encore. Tout ca pour conclure qu’il serait difficile voire impossible de bitumer toutes les routes de Fria.
Eh bien nous leur rappellerons tout simplement que le problème de la Guinée n’a jamais été économique, mais qu’il est plutôt politique. Certes nous sommes pauvres, très pauvres, mais cette réalité est le résultat d’un demi-siècle de gestion désastreuse. Les potentialités de notre pays sont telles qu’il suffirait d’un minimum d’organisation pour résoudre, en un temps record, tous nos problèmes essentiels. Mais au lieu de cela, notre cher pays caracole à la tête des pays les plus corrompus du continent. Il est inacceptable que la ville la plus stratégique du pays soit dans un état aussi pitoyable.
Nos dirigeants locaux en particulier doivent apprendre à respecter les populations. A défaut il faut les y contraindre. Ce sera l’objet de ma prochaine intervention.
Sadigou Barry,
Québec, Canada
Universté Laval pour Friadiaspo
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