BELGIQUE - Les Belges sanctionnent leur gouvernement
Lors des législatives du 10 juin, les partis de la coalition entre socialistes et libéraux au pouvoir ont subi un revers important. En particulier, les électeurs ont "puni" le PS, empêtré dans un scandale de clientélisme à Charleroi, et récompensé les chrétiens-sociaux menés par Yves Leterme, probable futur Premier ministre. |
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| "Les électeurs ont choisi. La démocratie s'est exprimée", estime la presse Bruxelloise, pour qui "les cartes politiques que les Belges ont redistribuées, dimanche, ne vont pas être simples à interpréter par les hommes et les femmes politiques qui seront chargés, au cours des semaines et des mois qui vont suivre, de négocier le programme du gouvernement fédéral, lequel sera, plus que probablement, dirigé par la figure de proue du CD&V, Yves Leterme, le tout grand vainqueur des élections législatives" du 10 juin. En Wallonie, affirme La Libre, "si les écologistes francophones réalisent les gains les plus importants (ils gagnent 4 sièges et doublent ainsi leur représentation), le bouleversement dont on parlera le plus, celui qui crée une hiérarchie des partis qui ne s'est jamais produite depuis que le suffrage universel existe, c'est la première place conquise en Wallonie par le Mouvement réformateur (MR). Les libéraux devancent les socialistes (PS). Pari gagné pour le président du MR, Didier Reynders, qui rêvait de faire bouger le centre de gravité politique de la Wallonie. Mais le Centre démocrate et humaniste (CDH) acceptera-t-il de trahir le PS, avec lequel il est lié dans les entités fédérées ? Ce ne sera pas simple, d'autant que les relations humaines entre libéraux et humanistes n'ont jamais été aussi tendues. De plus, il n'est pas impossible que la configuration de la prochaine majorité soit dictée, au Sud, par la Flandre et en particulier le CD&V [les chrétiens-démocrates flamands], qui a répété son souhait de réaliser une réforme de l'Etat, laquelle nécessite une majorité des deux tiers [dans chacune des deux chambres]". Quant aux écologistes, La Libre affirme que "ce sont eux, et non l'extrême droite comme certains l'avaient craint, qui ont recueilli les voix des déçus du socialisme. Le CDH a lui aussi des raisons de crier victoire, principalement dans le Luxembourg et à Bruxelles où, grâce à Joëlle Milquet, le parti centriste connaît une véritable expansion". "Il y a incontestablement une famille politique qui a été sanctionnée par les électeurs tant du sud que du nord du pays, c'est la famille socialiste", ajoute le quotidien. "En Wallonie, on s'attendait évidemment à un recul du Parti socialiste qui, malgré les tentatives de la présidence pour circonscrire les problèmes, a été rattrapé par les scandales de Charleroi. Le PS paie sa laborieuse gestion de la crise carolo [de Charleroi], la trop grande patience dont Elio Di Rupo a fait preuve à l'égard d'une situation qui appelait des mesures plus autoritaires et plus rapides. Mais LA grande surprise de ce scrutin, c'est la déconfiture des socialistes flamands, que les sondages n'avaient pas prévue. Les socialistes flamands paient une trop grande proximité avec le Parti socialiste wallon." "Cette arithmétique, très différente au Nord et au Sud, va compliquer la formation du prochain gouvernement fédéral. Un beau travail de déminage attend l'informateur que le souverain devrait nommer après avoir reçu, lundi, la démission du gouvernement de Guy Verhofstadt. C'est une Belgique "bigarrée et bleu" qui sort des urnes, écrit de son côté Yves Desmet dans le quotidien flamand De Morgen en parlant de l'état de la coalition gouvernementale. "Après huit ans, la violette [la couleur rouge-bleu du gouvernement sortant] a fini son parcours de manière bigarrée et bleu. Et ce ne sont même pas les bleus [libéraux] qui payent la plus lourde facture, mais bien les rouges [socialistes] qui s'affaiblissent pour atteindre un plus bas point historique." Par rapport à la Wallonie, "la Flandre postélectorale apparaît ancrée clairement plus à droite. Et ce, poursuit De Morgen, "pas spécialement à cause de la présence du Vlaams Belang [VB, parti d'extrême droite], qui n'avance qu'un tout petit peu par rapport à 2003 et perd même beaucoup de terrain par rapport à 2004. Dans les grandes villes, le VB recule même par rapport à 2003. C'est déjà la deuxième fois de suite que le sortilège de la progression indéfinie du VB échoue. C'est sans doute en raison du succès de la Liste Dedecker, qui a réussi à créer l'exploit électoral en imitant l'exemple néerlandais [du parti populiste de Geert Wilders] pour représenter tout spécialement l'électeur capricieux. Surfant sur des idées populistes de droite et utilisant le sentiment de 'David contre Goliath' comme principal argument, le héros de l'antiestablishment Jean-Marie Dedecker a réussi à dépasser sans peine le seuil électoral [de 5 % des voix]". La Redaction Friadiaspo |
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Lors des législatives du 10 juin, les partis de la coalition entre socialistes et libéraux au pouvoir ont subi un revers important. En particulier, les électeurs ont "puni" le PS, empêtré dans un scandale de clientélisme à Charleroi, et récompensé les chrétiens-sociaux menés par Yves Leterme, probable futur Premier ministre.