REVUE DE PRESSE AFRICAINE/Où est la souveraineté du Tchad ?
"Une véritable opération commando." C'est ainsi que Le Pays qualifie la visite éclair de Nicolas Sarkozy, dimanche 4 novembre à N'Djamena, au terme de laquelle le président français est reparti avec les trois journalistes français et les hôtesses espagnoles inculpés dans l'affaire de L'Arche de Zoé. Dans un virulent commentaire, le quotidien burkinabé fustige cette "expédition qui prouve surtout les relations de sujétion entre la France et certains pays africains". Tout en ironisant sur l'attitude du président Idriss Déby qui, malgré tout, continue de clamer "la souveraineté de son pays et l'indépendance de sa justice ", Le Pays rappelle que "sans la présence militaire de la France, le régime du président tchadien serait balayé depuis longtemps par les vagues successives de rebelles". Avec la même verve, le quotidien pointe du doigt un "Sarkozy arrivé sur ses grands chevaux en prônant la rupture" et, tout compte fait, avec ses méthodes "plus médiatiques et bouffones" que celles "feutrées" de son prédécesseur, "il actionne lui aussi les leviers de la Françafrique". "Un chef d'Etat africain a dû céder aux pressions de l'Elysée, conclut le journal. La souveraineté ne consiste pas à avoir des frontières, des emblèmes ou un hymne national. Elle s'exerce au quotidien. Après ce qui vient de se passer, il n'est pas exclu que les autres Français toujours détenus au Tchad soient transférés dans l'Hexagone. "Déby ne peut rien refuser à son ange gardien Sarkozy."
Lu pour vous par Modio.
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