L’identité africaine au 21e siècle questionnée QUINZIEME CONFERENCE ANNUELLE DE L’ISAPS

Publié le par FRIADIASPO

Repenser l’idée d’Afrique au 21e siècle et construire une approche intellectuelle de l’identité du continent noir qui soit aux antipodes du paradigme réductionniste imposé par la pensée « humaniste » occidentale. Voilà la finalité de la rencontre de trois jours qu’organise, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la Société internationale d’études africaines (Isaps). Quinzième du genre, la conférence qui prend fin aujourd’hui entend être le lieu d’un dialogue fécond entre universitaires d’Afrique, de la diaspora et du monde.

La 15e Conférence annuelle de la Société internationale d’études africaines (Isaps) s’est ouverte avant-hier, lundi 1e avril, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar sous le thème : « Repenser l’idée d’Afrique au 21e siècle ». D’une durée de trois jours, la rencontre réunit une panoplie d’intellectuels et d’universitaires venant d’une trentaine de pays d’Afrique, de la diaspora et du monde autour d’une problématique essentielle à la déconstruction du discours « humaniste » dévalorisant porté sur l’homo africanus. Organisée tous les ans dans une université africaine, la énième conférence de l’Isaps entend ainsi poser de manière structurelle les jalons d’une restructuration dynamique de tous les prismes, stéréotypes et conceptions réductionnistes que la tradition intellectuelle occidentale pose, depuis plus de deux siècles, sur le continent noir et les sociétés africaines.

Et cela dans le sillage des grands penseurs africains et de la diaspora comme Edward W. Blyden, James A. Horton, Cheikh A. Diop ou autre Valentin Mudimbe qui ont octroyé au monde des idées la possibilité de penser l’Afrique au-delà du paradigme imposé par l’humanisme occidental qui a toujours ravalé l’homme africain aux antipodes de la raison (Arthur Gobineau), en le dotant spécifiquement d’ une mentalité prélogique (Lévy Bruhl) ou en le domiciliant dans la « nuit noire de l’histoire » (Hegel).

Pour autant, la 15e conférence de l’Isaps organisée en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop, sera l’occasion selon Cheikh Thiam, le coordonnateur de la manifestation, de revisiter de manière foncière l’évolution du discours sur l’Afrique depuis le 19e siècle. Il s’agira alors d’apporter des réponses dynamiques aux questionnements liés à l’identité africaine, à la possibilité de sa définition dans une perspective purement africaine ou en rapport avec les influences occidentales.

La rencontre de Dakar qui prend fin aujourd’hui vise dans cette optique à apporter un éclairage fécond à des thèmes en relation étroite avec les cultures et sociétés africaines. Parmi ceux-ci, on note : « Afrique : globalisation, poétique et esthétique », « Francophonie et francophonisme », « Créativité, territorialité et frontière », « Langues, culture et globalisation »… Des thèmes de réflexion dont les actes finaux seront publiés par Cambridge University Press, selon les organisations de la rencontre.

Notons enfin que l’Isaps est une association d’enseignants et de chercheurs dont les thèmes de recherche s’articulent autour de l’Afrique, avec comme finalité, le souci de décentrer le discours « réductionniste » sur le continent noir et de favoriser un dialogue fécond entre universitaires africains et ceux de la diaspora.

 

 

 

 

 

Mouctat DIENG, Sud Quotidien pour Friadiaspo



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Publié dans Initiatives

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