Afrique/Elections: (Six)lence ! On vol(te) sur le continent.

Publié le par FRIADIASPO

i84189zimbabwe.jpgValses d'élections en Afrique.

Six, c'est le nombre de pays africains, chronologiquement, sauf erreur,(Guinée-Conakry, Côte-D'ivoire, Niger, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo et Madagascar), qui ont pris les soins d'organiser des consultations électorales, présidentielles et législatives courant de l'année 2010-2011. Aussi c'est l' intervalle de temps, de septembre à février prochain que ces pays éliront  leurs nouveaux présidents, députés et gouverneurs des régions  - De Conakry à Antananarivo, ces consultations marqueront la fin des «pratiques d'exceptions». Jonché de coups d'états, de guerres civiles, des crises institutionnelles, de confiscation du pouvoir, de pauvreté, le chemin emprunté par ces pays sera  long, tortueux, et semé d'embuches pour une organisation ''parfaite'' des élections.

L'enseignement principal de ces scrutins qui s'annoncent «historique», comme à Conakry et  Niamey, parfois «salutaire» "comme à Yamoussoukro et Antanarivo; sera crédité de «très encourageant» à Bangui et à Kinshasa. Mais une fois levé le rideau de la politesse, il faut observer le sable mouvant des argumentations: celles de prendre le peuple comme un simple élément de vote, en n'ignorant que ces élections devaient être la «fête» du peuple, comme l'ont été celle des "indépendances". Des élections qui seront éloignées des réalités et des attentes.

Ces pays comme nombres de leurs pairs africains, relèvent de l’affreux néologisme de « démocrature » : élections périodiques mais parodiques, médias divers mais contrôlés, opposition légale mais malmenée, violations des droits humains.

Comment agir dans cet immense «champs de force électorale» qui se joue sur le continent alors que la majorité de la population se trouve marginalisée? les sociétés civiles ont-elles un rôle à jouer ? certes, le signal a été donné par le plus puissant dirigeant du monde, le président Américain Obama, avec conviction il a envoyé le 3 et 5 aout dernier aux politiciens africains, que désormais les Américains et les sociétés civiles africaines œuvreront de concert pour trouver des solutions innovatrices aux défis régionaux et pourront mettre au point des stratégies visant à saisir les possibilités qui se présenteront au niveau de la gouvernance, de l’économie et de l’autonomisation de la jeunesse africaine.(...) aussi, que l’un des rares lieux d’expression de la défense de l’intérêt général en Afrique reste la société civile. Aujourd’hui, il est largement prouvé qu'elle est à tous les combats : que ce soit la lutte contre la corruption, la mal gouvernance, la détérioration des termes de l’échange, la fraude électorale qui va s'abattre sur le continent.

A rappeler que depuis son élection, Barack Obama n’a reçu que les présidents de Tanzanie, du Libéria, d’Afrique du Sud et le premier ministre du Zimbabwe, comme pour faire un pied de nez au président Robert Mugabe. Les jours à venir, dans ce cercle très fermé des "privilégiés" de la Maison Blanche, ceux qui essayeront de sortir leurs pays de l'impasse, se verront dérouler le tapis rouge comme le président par intérim de Guinée le General Konaté, ainsi que d'autres qui n'essayeront pas de faire tort a leur peuple.

La défaillance des démocraties dans la plupart de ces pays africains est la raison d'être des sociétés civiles, comme le sont leurs crises économiques et humanitaires, les manifestations liées à la pauvreté accrue, le non respect de droits humains ou la dégradations de la vie des citoyens. Le partenariat avec les «victimes» de la démocratie, pour les aider à affronter les maux auxquels elles doivent faire face, est en général le cadre dans lequel les actions s'organisent pour qualifier ces processus de renforcement des capacités des acteurs électoraux engagés dans une bataille sociale et politique .

En effet, tout est rapports de force et négociations et les faibles doivent se renforcer dans un élan social pour pouvoir défendre leurs «élections» . La démocratie n'a guère de sens si une partie notable , voire la grande majorité de la population est hors - jeu. Une nouvelle capacité des faibles à se faire entendre doit s'exercer face aux dirigeants africains, notamment lors de la consultation des politiques publiques des pays, mais aussi face aux acteurs économiques et autres forces organisées, impliquées dans ces processus électoraux.

Les sociétés civiles au plus près des réalités et au plus proches des populations «victimes combattantes», est leur priorité. Mais il serait irresponsable de s'épuiser au niveau national lorsque les maux trouvent une bonne partie de leurs origines au niveau plus haut  dans la définition des règles de jeux électoraux qui organisent les équilibres diplomatiques et économiques des pays africains. Par ces temps de disette de «légitimité électorale», aucun d'entre eux n'échappent aux dictats des bailleurs de fonds pour éviter  le terme opinion internationale. C'est donc l'évidence pour les sociétés civiles africaines de prêter une attention de plus en plus grande aux déroulements des processus qui engagent leurs pays respectifs:

-La Guinée, ouvrira le bal des hostilités le 19 septembre 2010, après un demi siècle de dictature, caractérisé  par la corruption, l' impunité, le passe droit. Le pays s'apprête à élire son 1er président civil démocratiquement élu depuis 1958. Entre l'opposition de styles, des alliances et  de serments des deux candidats: Cellou Dalein Diallo, ancien premier ministre de l'ère Conté, candidat de l'UFDG, et Alpha Conde, l'opposant historique, candidat du RPG, le juste milieu politique n'existe pas. Dans un climat  à forte consonance "ethnique", agrémenté d'un malaise politique entre la Ceni et le 1er ministre de transition, M. Doré Jean Marie, soupçonné à tort ou à raison de torpiller les règles du processus à la mi- temps d'entre-deux tours, le pays retient son souffle!

-Le 31 Octobre période propice "enfin" pour la Côte-D'ivoire, après plusieurs reports abusifs sous fond de crise entre le nord et le sud. Le pays cherche a retrouver son passé glorieux. Depuis  l' accession au pouvoir en 2005 de Laurent Gbagbo, le pays vit une situation de couvre-feu et de confiscation du pouvoir. En attendant la date fatidique, on retrouve les ténors du régime Houphouetiste sur la ligne de départ :M. Konan Bédié( PDCI-RDA), M. Alassane Dramane Ouattara(RDR), le président Laurent Gbagbo(FPI), candidat à  sa propre succession, ainsi que plusieurs "petits" postulants. Si le 31 octobre date de tenue des élections présidentielles attendues depuis 2005, n’a rien d’ésotérique, un certain scepticisme plane. Maintes fois reporté, ce scrutin doit mettre fin à la crise politique que traverse la Côte-d’Ivoire depuis le coup d’état manqué du 19 septembre 2002 mené par les ex-Forces Nouvelles. La partition de la Côte d’Ivoire, le sud aux mains des loyalistes, et le nord occupé par la rébellion, a rendu impossible la tenue d’une élection en 2005 comme prévu par la Constitution.

-Le 27 Novembre, les congolais quant a eux devront montrer que leur pays a trouvé une stabilité politico - économique. Depuis la guerre civile de 1996, c'est la deuxième consultation successive version «Kabila Fils» pour l'un des pays 4 fois la France. «le fils de son père» a promis de mettre sur pied des élections libres et justes, une telle promesse est optimiste pour un pays qui essaye de renaitre de ses cendres. Bénéficiant de l' initiative PPTE(pays pauvres très endetté), ce point d’achèvement de l’initiative n’aura été atteint qu’au prix de lourds sacrifices. De nombreux Congolais ont été privés de salaire. Grâce à cet allègement de la dette, la RD Congo ne sera  plus confrontée à un lourd service de la dette par rapport à ses recettes fiscales et ses ressources en devises. Elle ira jusqu'à financer ses propres élections, même si elle estime un accompagnement financier des partenaires en cas de besoin, les précédentes avaient coutées 500 millions de dollars, financées en quasi totalité par la communauté internationale, pour aider ce pays à se relever.

-La Commission électorale Nigérienne a fixé le premier tour du scrutin au 3 janvier 2011. Au pouvoir depuis le coup d'état du 18 février 2010, le putschiste Salou Djibo avait promis de "moraliser" la vie politique avant la tenue d'une présidentielle, des élections législatives auront lieu simultanément. Le tombeur de Mamadou Tandja a promis la neutralité de tous les membres de son conseil transitoire lors de ce scrutin. La communauté internationale accorde une importance particulière à  ce pays du sahel, dont les frontières sont devenues la chasse-gardée des cellules opérationnelles d'Al-Qaïda. Confronté à  une sérieuse famine qui menace presque toutes ses régions, il a besoin aujourd'hui de plus de 400.000 tonnes de denrées alimentaires. Un appel pressant à  la communauté internationale pour faire face à  une crise alimentaire qui menace 58% de la population, soient 7,8 des 15 millions d'habitants. Selon certains spécialistes au développement, le Niger a besoin de 123 millions de dollars d'aide internationale, ces statistiques pourront être revues à  la hausse, après les séries d' inondations qui ont fais des morts et  plus de 57.000 sinistrés dans ce pays.

-Il n' ya pas deux sans trois en Centrafrique, après deux reports successifs les 25 avril et 16 mai 2010, c’est la 3ème fois que la date des élections présidentielles et législatives est fixée dans ce petit pays d'Afrique centrale. Ce scrutin a été initialement convoqué pour le 23 janvier prochain, sauf erreur, cette dernière risque d'être la bonne. Pas de deux sans trois, après les deux seuls candidats potentiels, le président sortant François Bozizé et son challenger l'ancien président Ange Félix Patassé, les seuls présidentiables jusqu'ici. L’affiche semblait sans doute trop surprenante. L’annonce et l’éventuelle présence d’un troisième "larron" dans la compétition après les reports, font partie du jeu de diversion dont se nourrit l’illusion démocratique dans ce pays. Histoire de briser ce face à face très étonnant  Bozizé/Patassé, le premier ayant renversé par les armes le second en 2003. Le mystère demeure entier dans un pays où le président sortant, l'opposition, la société civile, les ex rebelles , les bailleurs de fond, et  la Ceni ne conjuguent pas en même temps. 

-La fin du périple, s'arrêtera à Madagascar, du moins ce qui est prévus dans les «calendriers » électoraux. Si la grande îles  prévoit d'organiser son scrutin présidentiel probablement le 4 mai 2011, Elle veut d'abord réconcilier les Malgaches entre eux, éviter d'attacher les «charrues avant les bœufs». A cet effet une conférence nationale est prévue du 30 août au 3 septembre, suivi d'un référendum constitutionnel le 17 novembre, la tenue d'élections législatives le 16 mars 2011, pour aboutir enfin à une présidentielle. C' est ce qui ressort des «accords politiques de sortie de crise» signé à Antanarivo entre l'homme fort  Andry Rajoelina et 99 partis politiques. Si l'espoir est permis, il ya aussi des doutes, car le président Rajoelina est maintenu président de la transition, même s'il admet ne pas être candidat le 4 mai prochain, le Premier ministre et le gouvernement devront être choisis par lui, dans des listes proposées par les partis politiques, mais aucune clé de répartition n‘a été établie. La libération des prisonniers politiques, l'amnistie et la réouverture des médias censurés sont ramenées en fin août. Attendons, car les serments politiques dans cette grande îles ont toujours prouvés leurs  inconstances. La mise en place d'un gouvernement consensuel sera le premier test pour la viabilité de cet accord. 

 

Par Diakité Moriba
Critique/journaliste.

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Publié dans Zoom

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A
<br /> <br /> salut; franchement les constats  que tu m'envois à propos des élections présidentielles dans notre pays sont tjrs fondés: à chaque tournant ses analyses et resumé ; merci d'avoir pensé tjrs<br /> à moi pour des changements d'idée. t'es pas en guinée mais tu  connais ses réalités comme si tu y étais; tu es un vrai patriote: nous on est là et on ne sait que va nous arriver après<br /> toutes ces pagailles pésidentielles: je prie personnellement pour toi afin que tu nous reviennes en guinée dans la paix et solidarité avec un nouveaux président guinéen démocratiquement élu<br /> <br /> <br /> merci<br /> <br /> <br /> <br />
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