De l'aide ... à la coopération.
L’aide au développement constitue actuellement un sujet de débat chez les différents acteurs dans ce domaine.
Rappelons qu’il existe différents types d’aide : l’APD (États, collectivités locales) financée via un système d’impôts, et l’aide privée (ONG, organisations religieuses, fondation et entreprise) financée par des dons. Cette aide peut prendre différentes formes : l’aide humanitaire qui répond à un besoin d’urgence (conflit ou catastrophe naturelle), l’assistance technique, l’aide par projets ou par secteur.
Actuellement, les interrogations se portent sur l’efficacité même de l’aide. Est-il possible de la considérer comme opérante alors qu’actuellement 1,5 milliards de personnes vivent toujours dans des conditions d’extrême pauvreté ?
Des questions se posent quant au concept lui-même, puisque le terme même d’ « aide » est remis en question. Le mot « coopération » lui est aujourd’hui préféré par la majorité des acteurs afin de caractériser les rapports entre les pays de Nord et du Sud alors que l’idée d’une « aide » suggérerait une relation d’assistance des donateurs vers les bénéficiaires sans permettre à ces derniers une indépendance suffisante pour accéder au développement.
Dans son Rapport 2010 sur les 49 pays les moins avancés (PMA) du monde, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) estime que le modèle de développement qui a prévalu jusqu’à présent pour ces pays a échoué et que son architecture est à revoir.
De l’aide à la coopération
Nombreux sont ceux qui demandent que l’aide soit à présent dans la forme comme dans le fond un véritable partenariat dans lequel chacun servirait ses intérêts et des intérêts communs (accord win-win). L’idée étant de laisser l’aide et l’orientation de l’aide à l’initiative des pays en développement, chacun possédant un contexte politique, culturel et économique spécifique.
Ainsi, le troisième forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’aide au développement qui eu lieu à Accra au Ghana en 2008 s’est achevé sur l’adoption du Plan d’action d’Accra. Ce plan est un engagement des bailleurs de fonds à accroître et à réformer l’aide en se basant sur les besoins et les objectifs formulés par les pays bénéficiaires. Les JED sont l’occasion de faire un bilan sur les progrès accomplis depuis Accra, avant le prochain forum sur l’efficacité de l’aide qui se tiendra à Busan en Corée du Sud en 2011.
Ce nouveau type de rapport bailleurs de fonds/bénéficiaires soulève également des questions sur les cadres institutionnel et juridique à mettre en place.
La plupart des donateurs demandent à avoir un droit de regard sur la gestion des ressources allouées. La corruption liée à ces ressources est un phénomène réel : selon la banque mondiale, entre 20 et 40 milliards de dollars seraient détournés dans les PED chaque année, soit l’équivalent d’environ 20 à 40 % de l’aide publique au développement.
Dans ce cas, comment associer les contrôles de gestion des ressources de l’aide sans faire preuve d’ingérence dans ces pays?
Les rapports Nord/sud en pleine conversion voient l’apparition d’un nouveau modèle de coopération Sud/Sud à l’échelle globale. A présent, la chine, l’Inde et le Brésil s’imposent comme des bailleurs de fonds sur la scène internationale et leur coopération avec les autres pays du Sud se basent sur des principes d’intérêts communs sans ingérence dans les affaires internes, à l’instar de la Chine avec des pays africains depuis quelques décennies.
Ainsi, une autre question se pose de savoir s’il existe un parcours éthique à suivre pour être sur la bonne voie du développement. Le partenariat Nord/Sud ne se pense plus forcément comme accompagné d’un transfert de valeurs, telle que la démocratie.
Quels sont les avantages et les inconvénients de la coopération Sud-Sud comparée aux relations traditionnelles d'aide? L'UE devrait-elle avoir un rôle dans l'appui à la coopération Sud-Sud, et si oui, lequel ?
A quelques jours de quitter ses fonctions Koos Richelle, le Directeur général de EuropeAid, nous éclaire sur la situation et établit un bilan du travail de ses équipes à EuropeAid
Source: BlogI4D