Guinée/ L'opposant Jean Marie DORE, premier ministre de transition.
Jean-Marie Doré, leader de l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG) et porte-parole des Forces vives, la coalition d'opposition, a été nommé Premier ministre le 18 janvier, avec pour tâche de préparer l'élection présidentielle prévue dans six mois. Il sera aidé par deux vice-Premiers ministres : la syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo et Mamadou Camara, numéro deux de la junte. Selon l'accord de sortie de crise du 15 janvier.Désignés, dans la capitale burkinabé, le nouveau Premier ministre et les deux vice-Premiers ministres seront officiellement investis dans les jours qui viennent à Conakry. Restera ensuite à composer le gouvernement qui doit regrouper 30 membres: 10 issus de l’opposition, 10 autres de la junte et, enfin, le dernier tiers doit provenir des coordinations régionales. Né en 1938, en Guinée forestière, à l’est du pays, Jean-Marie Doré explique qu’il a « goûté à la politique dès l’âge de 15 ans » . Dès que ses études lui ont permis, il a remplacé son père, chef du canton du Mana. Il en tirera une première leçon sur les hommes : « Pour gouverner, il faut rechercher la synthèse ». Après un diplôme de droit - obtenu à Lyon, en France -, Jean-Marie Doré devient inspecteur du travail en Guinée, puis il part en Suisse, où il devient fonctionnaire au Bureau international du travail (BIT). Il y reprend des études et obtient un doctorat en sciences politiques.
En 1988, après un séjour en Allemagne, il rentre au pays et crée une entreprise de transports. Il crée aussi, par la suite, son parti, l’UPG. Jean-Marie Doré se présente lors de la présidentielle de 1993 et voit des hommes de main du régime venir saccager son entreprise. Il persiste, cependant, il est élu député en 1995, réélu en 2002. Moussa Dadis Camara prend le pouvoir en 2008. Devenu porte-parole des Forces vives, Jean-Marie Doré joue le rôle délicat d’interface avec la junte. Le 28 septembre dernier, il est molesté comme les autres chefs de l’opposition. Selon un opposant, joint par RFI, cette présence d’un homme de la région forestière au sein des Force vives, « a empêché la cristallisation de tensions communautaires en Guinée. Sa désignation comme Premier ministre devrait calmer les esprits dans sa région d’origine, en montrant que, pour les Force vives, il peut porter le destin de la Nation ».
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