SUISSE: Entre Démocratie et amalgames
Si Montesquieu vivait encore il aura honte de sa définition de la démocratie, et en même temps aura découvert la dangerosité d'une étymologie qui est devenue sa propre prison: le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Mais ce qu'on ignore c' est qu'il y a celle qu'on appelle la majorité négative. Dans ces soi-disant démocraties molles, le concept est en danger.Le référendum qui est un pilier du système constitutionnel suisse est facultatif ou obligatoire pour tout projet de loi ou arrêté adopté par l'assemblée fédéral ; c'est dire que l'objet en question est soumis au vote du peuple (majorité du peuple seule) si 50 000 citoyens le demandent en signant un formulaire ad hoc. En cas de modification constitutionnelle et en cas d'adhésion à un organisme supranational, le référendum est obligatoire. Le référendum obligatoire exige la majorité du peuple et des cantons, tandis que le référendum facultatif n'exige que la majorité du peuple.
Le non des Suisses à la construction de minarets sur leur territoire donne des idées aux pays voisins. En Italie, le parti xénophobe de la Ligue du Nord réclame à son tour une consultation populaire sur le sujet, le plus tôt possible. Les membres de l'ancien parti d'extrême droite Alliance nationale (AN), aujourd'hui au gouvernement, ont rallié la proposition, jugeant qu'il ne fallait "faire aucun cadeau aux "fondamentalistes" musulmans". Le Vatican, lui, voit dans le non suisse "un coup porté à la liberté religieuse".
Pas étonnant que la plupart des politiques se targuent de protéger leurs concitoyens en fustigeant des arguments fallacieux et réfutables, s'ils ne font pas la campagne contre l'immigration, en instaurant la psychose, ils confondent minarets et missiles. la Droite Française(UMP) par la voix de son premier secrétaire demande si les musulmans ont besoin des minarets pour pratiquer leur foi, à Rotterdam la ville plus mosaïque Néerlandaise, où on construit la plus grande Mosquée en Europe, suscite des controverses au sujet de son minaret, la raison invoquée, les autorités communales n'auraient tout simplement pas aimée qu'il surplombe le stade du Feyenoord; en aura tout vu et tout entendu dans ces pays dit "démocrates".
Le problème dans ces pays n'est pas la démocratie elle même, mais c'est l' usage et l'interprétation qu'on en fais. Le cas suisse n'est pas isolé, c'est un acte délibéré et prémédité, le parti UDC, majoritaire à l'assemblée fédérale a joué sur la peur et la stigmatisation, mais le revers de la médaille appartient à la population qui est amenée à voter, la politique, tout particulièrement la critique de la démocratie représentative montre que ce système qui caractérise les États démocratiques modernes apparus depuis le XVIIIe siècle présente de nombreux défauts et qu'en réalité le peuple souverain y est trompé et dépossédé de son pouvoir. La démocratie directe apparaît alors comme une alternative aux systèmes existants.
De nombreux pays comme La Suisse, La Belgique, Les Pays-Bas possèdent ces mécanismes (référendum, assemblées locales, initiatives populaires) pour faire valoir une idée comme le cas des "minarets".
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