L'ONU demande à tous les pays d'ouvrir leurs portes aux réfugiés irakiens


La communauté internationale doit ouvrir ses portes aux réfugiés irakiens, toujours plus nombreux à fuir les violences, a plaidé l'ONU mardi lors de la première conférence internationale consacrée à ce drame humanitaire.
Mais la question qui n´a pas trouver d´ interlocuteur lors de ce sommet de Geneve est celle du Darfour .Qu´elle soit de l´Irak, de la Tchétchénie ou du Darfour, c´est le probleme de l´éxil et des réfugiers qui étaient au coeur des discussions, un débat que la plupart des gouvernants Européens fin d´occulter.
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui préside la rencontre de deux jours à Genève, chiffre à près de 4 millions le nombre d'Irakiens ayant fui leur domicile.
Deux millions d'entre eux sont réfugiés dans les pays voisins, principalement en Syrie et en Jordanie, et les autres sont déplacés à l'intérieur de leur pays.
Chaque mois, 50.000 personnes sont arrachées de chez elles selon le HCR, qui affirme que les besoins d'aide sont "exponentiels".
Pour le responsable de l'ONU pour les affaires humanitaires, John Holmes, ils sont huit millions à faire face à "une crise de survie" à l'intérieur du pays à cause de la récente violence religieuse et des années de négligence, de sanctions et de guerre qui ont détruit les infrastructures du pays.
Dans un message vidéo, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a averti que le drame "n'allait pas se résoudre tout seul" et demandé aux pays voisins de "laisser leurs frontières ouvertes et de ne pas procéder à des retours forcés".
"Les pays d'asile, principalement la Syrie et la Jordanie, se sont engagés à continuer de garantir une protection aux réfugiés irakiens", s'est félicité le Haut commissaire aux réfugiés Antonio Guterres à l'issue de la première journée de travaux.
Parallèlement, le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshiyar Zebari a annoncé que son pays allait donner 25 millions de dollars (18,43 millions d'euros) pour soutenir les besoins de sa population réfugiée dans les pays voisins.
"Nous n'abandonnerons pas nos citoyens où qu'ils se trouvent", a insisté le ministre.
Antonio Guterres, qui en a appelé aux pays industrialisés, a rappelé qu'en 2006, "les Irakiens sont devenus le groupe le plus important de demandeurs d'asile" dans ces pays.
Environ 95% des Irakiens exilés sont réfugiés au Moyen-Orient, mais le nombre de ceux qui ont fui dans les pays industrialisés a augmenté de 77% en un an, à 22.200 personnes.
L'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW), a exigé un effort particulier de la part des Etats-Unis et du Royaume-Uni, à l'origine d'une guerre "qui a causé directement des milliers de morts, semé la terreur et provoqué souffrances et déplacements forcés",
"Cela a précipité un conflit religieux qui a causé d'autres violences, persécutions et déplacements à grande échelle", a argumenté Bill Frelick, directeur de HRW chargé des réfugiés, faisant allusion notamment à l'attentat contre le mausolée chiite de Samarra (nord) en février 2006 qui a déclenché une vague de violences sans précédent entre sunnites et chiites. Depuis, plus de 800.000 personnes sont parties de chez elles, selon le HCR.
Les Etats-Unis pourraient accueillir jusqu'à 25.000 réfugiés irakiens cette année, a déclaré en marge de la conférence Ellen Sauerbrey, secrétaire assistante au bureau de la population, des réfugiés et des migrations du département d'Etat américain.
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) s'est inquiétée pour sa part de signes de fermeture aux communautés déplacées à l'intérieur de l'Irak.
"Les gouvernorats de Babylone, Bassorah, Kerbala, Muthanna et Thi-Qar n'accueillent aujourd'hui les personnes déplacées que si elles proviennent de ces régions", a indiqué l'OIM.