Le vol suspendu de la Guinée.

Publié le par FRIADIASPO

Il y a des moments dans la vie où l´on voudrait que rien ne change, en tout cas à en croire aux témoignages on preferait les années fastes d´une ville sortie de nulle part ,et qui du reste demeure comme le flambeau d´un pays qui n´a pas su la protéger  d´une mondialisation féroce
Au cours des années cinquante, Pechiney décida de développer ses implantations industrielles à l'étranger. La Guinée fut choisie en raison de ses ressources minières et hydroélectriques. Créer de toutes pièces un site industriel en pleine brousse était une prouesse économique et technique mais aussi une aventure humaine. Pour que sorte de terre ce qui est devenu le "fer de lance" de l'économie guinéenne, l'usine de Fria, les hommes responsables de ce projet ont assumé les contraintes matérielles : pour bâtir l'usine, on a construit une route, une voie de chemin de fer, et une ville ex nihilo. Ils ont aussi géré les relations humaines à deux niveaux : au sein de la communauté européenne, de la communauté africaine, mais également entre les communautés travaillant sur le site. Ces relations humaines complexes conjuguées aux attentes et aux aspirations des hommes politiques de l'État guinéen tout juste indépendant ont créé un climat social difficile. Les tensions se sont cristallisées autour d'une grève dure. L'exemple des difficultés nées de la mise en valeur du site de Fria illustre combien les négociations ont été subtiles pour que le projet aboutisse.
D´une volonté politique naitra une aventure humaine,des vies se sont construites et des amitiés se sont nouées au fil des années.
Mais depuis l´avenement de la mondialisation à outrance, l’usine d’alumine de Fria s´effrite, dans le courant du mois de mai 2006,l´hebdomadaire guinéen L´indépendant titrait dans l´une de ses colonnes: « L’usine cédée à Rusal sans appels d’offres »
Selon le journal, « La compagnie Rusal s’est offerte ACG/Friguia, selon un accord avec le gouvernement guinéen ».
Il relèvait que : « Si privatiser une entreprise qui risquait de mettre la clé sous le paillasson pour cause de manque d’investissement et de vétusté des installations- donc de rendements faibles- est salutaire, il y a tout de même comme une nébuleuse qui entoure le dossier Friguia. En fait, on sait très peu comment la compagnie russe a réussi à se taper ce qui était le fleuron de l’industrie d’alumine de l’Afrique ».
On sait que de nombreuses sociétés comme la Barclays Banks, 3PL, Alumina corporation of china, toutes connues des milieux de la bauxite étaient intéressées par l’acquisition de l’usine. Chacune de ces entreprises avait un homme ‘‘introduit’’ pour faire peser la balance de son côté.
mais il semblerait que la société a eu la bénédiction du président Conté. Qui n’oublient certainement pas qu’à des moments difficiles de l’histoire du pays en début 2000, la compagnie lui a été très utile. Et depuis, celle-ci se serait toujours montrée prête à ouvrir ses vannes financières pour des questions dites de souveraineté. Paramètres apparemment suffisants pour violer la loi sur l’octroi des marchés publics.
ce fait se corrobore de nos jours, meme si l´acquisition de cette raffinerie s´est faite en dehors des regles conventionnelles, la question se trouve dans un dilemme complexe à savoir quelles seraient les intentions réelles des dirigeants de RuSal/guinée pour l´usine, la ville et ses employés?
Monsieur Anatoly Pantchenko après avoir acquis Fria ä 100 % de la part de l´état guinéen, s´invite même dans la cérémonie de passation entre l´ancien et le nouveau ministre des mines. S´attire t-il les faveurs du nouveau ministre? tout porte à croire, car s´il n´est pas entrain d´inaugurer un stade multidisciplinaire flambant neuf dans un quartier de Conakry, financé par RuSal,une cérémonie boudée par la population, alors que nos deux stades attendent un toilettage sérieux, on le voit parader dans les villes comme: Fria, Kindia, et Boké, ses nouvelles "chasses gardées", comme porteur de bons messages et le sauveur de ses populations.
Le préavis de grève lancé par les syndicats de l´usine, et qui a été reporté pour deux semaines, le temps d´une bonne négociation selon la direction de l´usine ne donne pas assez d´espoir aux travailleurs.
A rappeler que l´état guinéen à cédé toute sa part à RuSal, d´une société mixte on n´est passé à une privée, la réunion tripartite:syndicat-dirigeant-état guinéen accouchera certes d´une souris, car on ne négocie pas un bien qu´on a déjà bradé.

Ainsi la présence de l´état guinéen autour des négociations n´est que "trompe l´oeil". il revient à la nouvelle équipe de Monsieur Kouyaté de revoir les contrats de cessation et d´acquisition de la raffinerie, le remboursement hypothétique de RuSal, et le lancement des appels d´offres dans le cadre des conventions minières.
Concernant le cas singulier du secteur des mines, la plupart des projets et contrats d'exploitation de nos gisements de minerais conclus avec les multinationales (Rusal, Global Alumina, SMD, Ashanti, Rio Tinto, Alcan-Alcoa, Djandjan, Aredor...) sont tous, globalement pris, boiteux en ce sens que Le nouveau gouvernement et l´assemblée nationale ces derniers temps essayent d´enterrer leur hache de guerre, pour faire face à ce problème épineux, deux membres du gouvernement guinéen, en l’occurrence Ahmed Kanté en charge des Mines et le Secrétaire général du gouvernement seraient venus la semaine passée à l'assemblée nationale présenter des excuses sur la violation de la procédure relevée par le communiqué signé du Parlement guinéen.

A l'amiable, les deux parties ont décidé de privilégier les intérêts de la nation en dessus tout et de poursuivre le processus de révision des conventions, comme indiqué dans le protocole d'accord tripartite du 27 janvier 2007.

 Modio
Bruxelles, Belgique
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Publié dans Infolocale

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