GUINEE - Audience ratée avec le patron de Exxon Mobil : Dadis vibre les Américains

Publié le par FRIADIASPO

L’un des patrons les plus puissants de la planète n’oubliera pas de sitôt sa première rencontre avec le numéro un guinéen. Venu parler affaires, Rex Tillerson s’est retrouvé condamné à subir le sarcasme d’un homme qui n’a pas compris pourquoi il ne s’était pas levé pour le saluer.

Le capitaine Moussa Dadis Camara prend très au sérieux ses fonctions de président de la République de Guinée. Un peu trop même ! La preuve, lors de l’audience accordée hier à deux personnalités de marque : la chargée d’Affaires américaine à Conakry, Elisabeth Raspolic qui, pour l’occasion servait d’éclaireur à l’illustrissime Rex Tillerson, super patron (Chief executive officer, Ceo) de la société ExxonMobil. ExxonMobil, le géant mondial du pétrole et du gaz, premier des «Super majors» du secteur, fière de ses 45 000 stations-service éparpillées dans une centaine de pays, de ses 110 000 employés et surtout, d’un chiffre d’affaires colossal qui frise les 500 milliards de dollars même si une partie de cette puissance se construit au détriment d’atteintes jugées graves contre l’environnement. Pas peu fière également que ses origines remontent au fameux John Rockefeller. En visite d’affaires à Conakry, dans un pays étiqueté «scandale géologique» pour ses richesses minières fabuleuses, Tiller-son est introduit dans la salle d’attente de ce qui fait office de bureau au Président Moussa Dadis Camara.

Les invités attendent donc que le successeur de Lansana Conté vienne à eux. C’était vendredi dernier. De la patience, il en a fallu à ses hôtes d’un jour car, le maître des lieux, pour on ne sait quelle raison, n’a daigné se présenter que trois heures plus tard. Ambiance ! Qu’importe, tout le monde se lève et le salue respectueusement pour ce qu’il représente. Tout le monde, sauf le pétrolier. Alors, le chef de la junte guinéenne entre dans une colère noire et expose sa rage à l’endroit de l’industriel américain. «Ici, c’est chez moi. Je suis le patron de la Guinée. Vous me devez respect et considération. Vous êtes indiscipliné», pour rapporter le moins désagréable de ses propos.
L’assistance est ébahie autant que gênée par la violence de la répartie servie par le capitaine-président. Silence de mosquée dans l’assistance pendant qu’il finit de se défouler sur le malheureux citoyen américain qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. L’histoire ne dit pas s’il comprend le français. Quelque peu handicapé des jambes, il ne peut pas tenir debout. Ceci explique cela. Même après qu’il a été briefé en quelques mots par rapport à l’attitude de Rex Tillerson, le président guinéen a continué de râler contre cette «agression». Tout juste s’il n’a pas explicitement fait allusion à quelque considération «néocolonialiste». Par la suite, il s’est bien calmé en échangeant avec ses hôtes, mais la raison essentielle du déplacement du patron d’ExxonMobil n’a pas été honorée. Le Ceo s’en est allé sans aborder l’objet de sa visite.

A travers cet incident, c’est, sans doute, la responsabilité pleine et entière du Protocole d’Etat guinéen qui est mise en cause. Dans un pays déchiré par une véritable pré-guerre civile rampante mais, qui a d’autres chats à fouetter, la professionnalisation de cet outil diplomatique qu’est le Protocole ne semble pas vraiment être une priorité pour des dirigeants confrontés à tous les problèmes du monde.


source: le quotidien
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Publié dans Insolite

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